Samedi 16
4a.Les anticipations en question

› 9:40 - 10:20 (40min)
› AT2
Anticipations et instabilité de l'équilibre général chez Hicks, Lange et Patinkin
Rubin Goulven  1@  
1 : Lille économie et management  (LEM)  -  Site web
Université de Lille
Faculté des Sciences Juridiques, Politiques et Sociales 1, place Déliot - BP 629 - 59024 Lille Cedex -  France

Hicks (1939), Lange (1944) et Patinkin (1956) se sont intéressés tous les trois à la thèse du chapitre 19 de la Théorie générale selon laquelle un système de marché à prix et salaires flexibles ne serait pas « self-adjusting ». Tous les trois abordent cette question comme une question de stabilité, ou une question touchant à la théorie du tâtonnement. Notre contribution comparera leurs approches respectives du point de vue du traitement des anticipations. Lange et Patinkin adoptent tous les deux l'approche de Hicks en termes d'élasticité des anticipations. Des divergences importantes apparaissent néanmoins à l'examen. Nous montrerons comment l'approche de Hicks est tributaire de la position qu'il adopte concernant la signification du résultat d'instabilité et sa place à l'intérieur d'une théorie du système capitaliste. Sa réflexion le conduit à une position contradictoire. D'un côté, il envisage d'endogénéiser l'élasticité des anticipations, de l'autre il considère qu'une telle endogénéisation n'est pas compatible avec « l'analyse logique pure du capitalisme ». Lange reprend à son compte l'idée que la stabilité de l'équilibre de plein emploi dépend de l'état des anticipations. Mais son attitude différente à l'égard de la possibilité de l'instabilité, qu'il accepte comme une description de la réalité du capitalisme, le conduit à mettre de côté le problème de l'endogénéisation. Il affine l'analyse de Hicks en étudiant les conséquences d'une hétérogénéité de l'élasticité des anticipations. Mais cela ne modifie pas les conclusions principales. La position de Patinkin marque une rupture. S'il reprend la notion d'équilibre temporaire paramétré par une certaine élasticité des anticipations, il suppose que cette dernière est égale à un. De façon explicite, Patinkin rejette le jeu de Hicks et de Lange consistant à faire varier l'élasticité pour prouver le danger de l'instabilité. Pour lui, il y a là une facilité dans laquelle il refuse de tomber. Nous proposerons une interprétation de son attitude en la resituant dans le contexte des années 1950.


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